Géographiquement : un plateau à 1425 mètres d’altitude entouré de sommets peu élevés (moins de 2000 mètres).
Géologiquement : une large dépression bordée de formations calcaires, très ouverte et « perchée ».
Ecologiquement : une grande diversité naturelle et une activité agricole respectueuse de son environnement.
Sportivement : un terrain de jeux extraordinaire.

Qui suis-je ?
Un espace où il fait bon se (re)trouver.

Accès

 

Situé dans le massif des Bornes en Haute-Savoie, le Plateau des Glières, même peu élevé, a longtemps été difficile d’accès.
Plusieurs routes et de nombreux sentiers permettent aujourd’hui de facilement fréquenter un espace qui reste unique. L’ascension, sur 7km par la route partant du Petit-Bornand-les-Glières amène directement les visiteurs à l’altitude 1400 mètres « chez la Jode ».

Les camping-cars et autres maisons sur roulettes sont priés de passer par Thorens-Glières, de l’autre côté.

En période hivernale, la route est dégagée mais nécessite un peu d’attention quant à la conduite.

Diversité

Se rendre et se déplacer sur le Plateau des Glières, c’est faire une plongée dans un milieu préservé, diversifié et donc bien vivant.

Le Plateau (85 km²), Espace Naturel Sensible, abrite différents milieux naturels que sont les tourbières, les prairies, les pâturages, les pelouses (sur les sommets) et, bien sûr, les forêts.

La faune, riche, est bien évidemment beaucoup plus discrète en période froide.

Quelques couples d’oiseaux communs occupent le ciel mais la vie animale est surtout trahie par les nombreuses empreintes abandonnées à la surface de la neige que le froid intense s’amuse à figer.

Pour les Sherlock Holmes de la vie sauvage, il est préférable de s’écarter des voies principales de cheminement d’Homo sapiens. Mais pas trop, car il ne s’agit pas d’effrayer la faune sauvage qui doit minimiser ses dépenses énergétiques en cette période froide.

Quant à la flore, elle est visuellement inexistante et se repose pour une longue période avant d’exploser dans quelques mois, plus chauds et plus lumineux. Mais il y a toujours les vastes forêts, d’épicéa et de quelques feuillus, en particulier en bordure du plateau et sur les flancs des massifs calcaires.

Se déplacer entre les hauts troncs aux branches surchargées de neige reste, pour tous, une expérience qui laisse des traces… sous la forme d’agréables souvenirs.

Une nouvelle fois et c’est la dernière (promis !) : attention à la faune sauvage !!

Les cours d’eau sont également au ralenti et essaient de résister au froid en se recouvrant d’une couche de glace que des bulles d’air chatouillent par en dessous.

Activité agricole

Le ski, la raquette et la marche ça donne faim !

Il serait dommage de passer à côté des bons produits locaux et en particulier des fromages qui poussent amoureusement dans les fermes du Plateau : Abondance, tomme, fromage de chèvre et Reblochon attendent d’être mangés sur les bonnes tables des restaurants.

Hommage

Le Plateau des Glières est un lieu de mémoire de la Seconde guerre Mondiale. Et plus précisément un haut lieu de la Résistance.                   

Petit récit pour grand événement :

Depuis janvier 1944, la Résistance s’est installée aux Glières (ils seront plusieurs centaines de maquisards à la fin mars 1944). Le Plateau est retenu pour servir de zone de parachutage d’armes dans le but final d’harceler les Allemands lors du débarquement qui se prépare.       

Les résistants sont assiégés à la mi-février par des gendarmes, gardes mobiles et miliciens français qui seront ensuite épaulés par 2000 soldats de la Wehrmacht.

Après une bataille acharnée, le 26 mars 1944, l’ordre de dispersion est donné mais 129 maquisards y laissent la vie.

Le maquis se reconstitue en août 1944 et, après un second parachutage, la Haute-Savoie est libérée.

Le Plateau des Glières porte, en mémoire, une oeuvre monumentale du sculpteur Gilioli : 15 mètres de haut, 21 mètres de long et un espace intérieur intime. 

Ce n’est pas un monument aux morts mais un symbole d’espérance : le V de la victoire, dont l’une des ailes est cassée, surmonté d’un astre solaire en équilibre instable.

Le grand oiseau blanc de Gilioli a planté ses serres ici. Avec son aile d’espoir, son aile amputée de combat, et entre elles, son soleil levant.

André Malraux

Le monument et l’espace qu’il occupe n’empêchent pas de faire du ski, de la raquette ou encore de se mettre à l’abri de la pluie ou des flocons de neige : c’est une oeuvre de Vie qui se voit de très loin tout en se fondant dans l’environnement naturel. Bravo Monsieur Gilioli !

Pour clore cette page historique : des sentiers permettent aux visiteurs de suivre les pas des maquisards en retraçant la vie quotidienne des combattants des Glières durant l’hiver 1944.

Sport et loisirs

Le Plateau est un des repaires connus et reconnus des fondeurs en Haute-Savoie qui y trouvent un sublime espace d’entraînement ou d’apprentissage. En effet, les circuits sont nombreux et variés, adaptés au niveau et à la forme physique du plus grand nombre.

De futurs champions s’entraînent sur des kilomètres de tracés tandis que d’autres font leur premier pas…de glisse.

Les skieurs de fond (skating ou alternatif) peuvent ainsi parcourir des creux et des bosses et franchir quelques ruisseaux à peine visibles.            Les courbes, serrées pour certaines, succèdent aux lignes droites et éloignent peu à peu les sportifs de leur point de départ.

La nature gagne rapidement tous les espaces et une étrange impression d’isolement et de solitude remet chacun à sa place de simple passant.

Mais le crissement si caractéristique des skis de fond qui frôlent la neige, le souffle du skieur en plein effort (ou non !!) renversent l’impression d’isolement et finalement rassurent.

La lumière du jour baisse, le brouillard gagne silencieusement du terrain et le froid le suit de près ; en seulement quelques minutes, les repères visuels disparaissent. Il est temps de rentrer.