Une ville entourée de montagnes, à moyenne altitude. De l’eau, du froid (mais pas trop). Saupoudrage de la première avec le second mélange et le résultat est une carte postale : Chamonix recouverte de blanc, des rives de l’Arve aux plus hauts sommets d’Europe. Démonstration !

Superlatifs

Tout ou presque a déjà été dit de cette ville qui a la chance, unique, d’avoir été plantée au pied du premier sommet d’Europe (occidentale – c’est déjà bien !), le Mont-Blanc, et un dénivelé record de 3800 mètres. Un nom, Chamonix, qui a fait et fera encore et toujours rêver des milliers d’alpinistes d’un jour ou d’une carrière ainsi que des millions de visiteurs qui s’empressent, un peu plus chaque année, de prendre en photo la ville et les massifs environnants.

Dans les murs

L’Arve, dont les eaux rejoindront celles de la Méditerranée, traverse Chamonix sans trop se faire remarquer, dans un débit limité par les basses températures; les glaciers se reposent et ne libèreront plus leurs eaux avant le prochain réchauffement.

Le tapis blanc donne immédiatement l’ambiance qui ne quittera plus les lieux avant de nombreux mois…si la météo le veut !
Dans les rues, le sol reste enneigé tandis que le sel fait son effet sur les chaussées les plus fréquentées. Se distingue alors assez clairement les retardataires qui n’ont pas encore chaussé les pneus neige ou les touristes qui n’ont pas pris au sérieux les dernières recommandations.
Les derniers échafaudages de l’inter-saison ont disparu du paysage urbain, surtout des façades, et les hôtels commencent à frémir.
Les bonnets coiffent presque toutes les têtes, les gants sortent des poches et les grosses chaussures ou les bottes poilues raclent le pavé.
Seuls les lieux les plus audacieux résistent à l’uniformité blanche. La Maison des Artistes commence à se réveiller, un chien aboie et sort de l’antre culturel que la glace commence à recouvrir, malgré l’activité intérieure qui monte peu à peu. Froid dehors…chaud dedans !

Partout, la neige feutre les sons et les bruits de la ville, les pas ne trouvent pas d’écho, les voix sont ténues : la ville semble ralentie. Agréable impression !

Le rideau est levé

Sans prévenir, les nuages s’écartent puis s’éclipsent et le soleil gagne sans prévenir les bâtiments et les rues : c’est une collision visuelle. Les visages se lèvent, les doigts pointent vers le haut en même temps que les appareils photos crépitent (même si le son si caractéristique des appareils photos Réflex se fait rare. Sniff !!).

Quoiqu’il en soit, le spectacle est à chaque fois extraordinaire, sensationnel, encore plus lorsque les montagnes sont plâtrées de blanc que le vent a collé sur toutes les surfaces verticales. Le vent souffle fort au-delà de 3000 mètres, pousse dans le vide des quantités inimaginables de neige qui font fumer la montagne. Pas bon d’être là-haut !
Mais le soleil décline vite en ce début d’hiver et, après avoir éclairé les derniers étages des plus hautes bâtisses (jamais très hautes à Chamonix, et c’est très bien ainsi), le froid reprend possession des lieux en même temps que les bonnets, celle du haut des têtes.
Détente et rencontres


Quelques endroits dans la ville permettent les jeux, les batailles de neige…

…pendant que les chiens font des dessins sur la neige ! (mal élevés !!).
Des ancêtres montagnards, peints sur un grand mur du centre-ville, s’amusent du spectacle et des marcheurs qui s’interrogent de cette présence dessinée. Ce n’est pas à ces vingt personnages qu’il faut parler du froid qu’ils ont si souvent affronté : Paccard, Balmat, Saussure discutent et partagent l’espace avec Vallot, Payot, Frison-Roche, Rebuffat…
Là-haut


Le téléphérique de l’Aiguille du Midi déverse en continu les curieux, les sportifs…sauf les jours de fort vent ou de maintenance de fin d’année.

Dans ces moments, la gare de départ est tristement vide.

Mais en même temps, l’immense espace qui ceinture la gare, vide de bruits, de murmures venus de tous les coins du globe, retrouve une quiétude montagnarde au cœur de la cité.

Le parement minéral des murs répond en écho à la roche naturellement présente depuis toujours (à l’échelle des hommes). La place devient alors un espace de tranquillité, à l’écart de la foule qui flâne dans les rues commerçantes, à seulement quelques centaines de mètres.
Un jour s’achève


Le soleil fait encore un peu de résistance en éclairant les sommets qui prennent feu dans les vitres des belles façades. L’Aiguille du Midi d’un côté, les Aiguilles Rouges de l’autre.

Paccard, premier au sommet du Mont-Blanc avec Balmat, accompagne du regard la disparition de l’astre chaud, assis quelques mètres en arrière de Balmat et Saussure. Trois personnages historiques sur un même lieu et que la montagne a su réunir dans l’aventure de la haute montagne, il y a plus de 200 ans.
La place du marché, active le samedi matin, fait se rencontrer les touristes, mais pas seulement, qui aiment retrouver des produits régionaux (fromages, miel…coutellerie…). L’espace, maintenant vide, va bientôt affronter le froid nocturne.