Petite et vieille cité perdue dans la haute vallée de l’Arly, Megève a plusieurs atouts pour attirer et retenir les visiteurs d’un jour comme d’une vie. Au carrefour entre la Vallée de l’Arve avec Chamonix en point de mire et le Val d’Arly en direction d’Albertville,
le village s’est transformé en un centre urbain de près de 3300 habitants, lieu historique du ski alpin.

Il était une fois

 

La première mention du nom de Megève (Megeva) remonterait à 1202.

En passant les années et sautant les siècles, les épisodes de peste noire, de dysenterie et de typhoïde, la construction de chapelles, un tremblement de terre en 1818, l’abattage du dernier loup en 1847 (sans commentaire !), la dernière observation d’un ours brun en 1852
(sans commentaire bis !), l’hiver 1913-1914 voit la naissance de la première saison touristique d’hiver à Megève.

En 1916, la baronne Noémie de Rothschild, lasse des stations suisses (mince alors !), cherche un coin tranquille où elle pourra s’amuser dans la neige avec ses amis aristocrates. Elle tombe sur Megève où elle décide la construction de l’Hôtel du Mont d’Arbois en 1921.

Rapidement, les années suivantes, tout ce qui brille passe à Megève et commence à donner à la station la renommée qu’elle ne lâchera plus.

Le Même

Megève est marqué par le style architectural de Henry-Jacques Le Même qui répondra à une première commande de la baronne de Rothschild. Une architecture en lien étroit avec la montagne et l’aspect des fermes du pays avec tout le confort à l’intérieur. Au final, un style traditionnel interprété par des formes et des couleurs, et un intérieur -distribution et aménagement- répondant au calibre art déco du commanditaire. Le Même a « inventé » le chalet de sport d’hiver, ouvert sur son environnement et fonctionnel. Bravo !

L’architecte ne s’arrêtera plus et exercera son art (selon les goûts !) au cours de la construction de chalets (plus de 200), hôtels, magasins… à Megève et aux alentours.

Au final, l’architecte donnera à Megève un style, une identité bien loin des stations modernes qui pousseront à travers les montagnes françaises.

Dans les rues

Circuler à Megève est chose facile car de nombreuses rues sont piétonnes et flâner devient un plaisir.
Les vieux murs, les ruelles, les arcades deviennent rapidement des lieux conviviaux où il est agréable de se promener quel que soit l’heure.

La belle place centrale pavée de Megève est le point de passage obligé de la ville. L’Hôtel de ville (début XXème) de style néo-classique a la chance, pour le bonheur des yeux, de côtoyer deux bâtisses fortifiées, les maisons fortes : la tour Magdelain (milieu XVI ème) et la tour du Prieuré (fin XIII ème).

La tour Magdelain a  la particularité d’abriter la mairie de la commune de Demi-Quartier qui fait donc face à celle de Megève et porte un splendide cadran solaire.

Quant à la tour du Prieuré, elle est aujourd’hui malheureusement enchâssée, cachée en arrière du bâtiment reconstruit et dans lequel s’est installé le tailleur Allard en 1926. Le fuseau ou « pantalon sauteur » y sera créé quelques années plus tard lorsque Hilaire Morand et Emile Allais font la commande d’un pantalon qui ne prend pas l’eau et n’accroche pas  la neige au contraire du pantalon d’usage, le « golfeur » – le pantalon de Tintin.

L’édifice religieux domine la place de toute sa hauteur et possède un cadran sur chacune de ses faces. En travaux, elle semble vouloir rivaliser avec le splendide sapin de Noël qui se dresse sur la place depuis plus de cinquante ans.

Un peu à l’écart mais à peine, une petite promenade inclinée permet de se délasser après une bonne tartiflette ou simplement d’atteindre le plateau du Mont d’Arbois et son green d’été ou la télécabine de Rocharbois ou encore celle du Mont d’Arbois.

Luxe

Megève est un lieu où le luxe s’affiche, sort dans les rues, parfois de façon caricaturale dans le parler, les allures, le paraître. Les voitures, souvent trop imposantes pour circuler dans les anciennes rues à charrettes, donnent envie aux touristes garés sur un des parkings à l’extérieur du cœur de la cité.

Les étoiles gastronomiques et hôtelières se comptent en nombre à travers la ville et sur les hauteurs.

Les façades et vitrines des magasins de luxe illuminent les rues, les pierres et les bardages ainsi que les visages des curieux ou des acheteurs.

Megève est déconseillée aux défenseurs de la cause animale : les fourrures réchauffent aussi parfois les épaules de leur second propriétaire.

Il y a également un casino. Mais cela était une évidence. Les jeux sont faits !

Megève et le ski

En qualité de station de sports d’hiver, Megève propose un joli domaine skiable entre les altitudes 1059m -télécabine de La Princesse, à l’entrée de Megève / Demi-Quartier- et 2353m au Mont Joly, fantastique belvédère sur le Mont-Blanc.

Quartiers et domaine skiable vont ici de pair. En plein cœur de la ville, la (nouvelle) télécabine Le Chamois catapulte les skieurs directement dans le domaine, direction Rochebrune ou Mont d’Arbois : le grand luxe.

Rochebrune, dont le départ est proche du centre-ville, offre le meilleur enneigement, orienté nord et est.

Le Mont d’Arbois, le quartier le plus prisé (chalets, hôtels, restaurants), est le plus grand domaine de Megève avec une vue fantastique sur le Mont-Blanc (presque) au sommet du Mont Joly.

Puis Le Jaillet et les vues splendides sur les Aravis, les Fiz et bien sûr, le Mont-Blanc. Ce secteur est relié au domaine des Portes du Mont-Blanc qui regroupe Combloux, Cordon et La Giettaz.

Il existe également un domaine nordique de 45 kilomètres sur trois sites. Les possesseurs de raquettes et les piétons ont aussi leurs itinéraires. Veinards !

Le domaine de Megève fait partie d’Evasion Mont-Blanc, l’association des domaines que sont les stations de Megève, Saint-Gervais-les-Bains/Saint Nicolas de Véroce, les ContaminesMonjoie/Hauteluce, et les Portes du Mont-Blanc (Combloux, Cordon, Le Jaillet et La Giettaz).

https://www.megeve-ski.com/infos-pratiques/plan-pistes

Y a pas que le ski !

Megève propose à ses habitants mais aussi à tous ses visiteurs, le plus grand complexe sportif des Alpes (si, si ! C’est écrit dessus) : Le Palais.

La liste des activités est longue : une patinoire olympique qui peut recevoir jusqu’à trois mille personnes, un grand espace aquatique, des salles de remise en forme, une salle d’escalade (11 mètres de hauteur)….

Un crochet par Combloux et son biotope

Certes à l’écart de Megève (à peine cinq kilomètres), en descendant vers la vallée de l’Arve, le village de Combloux accueille un plan d’eau écologique ouvert à la baignade…l’été : une eau sans traitement et réchauffée par les rayons du soleil pour atteindre jusqu’à 26°C. Des milliers de plantes aquatiques, un jet d’eau et un petit ruisseau en cascade en assure l’oxygénation et le traitement biologique, pour un nombre de baigneurs limité à 700 par jour (les chanceux !).

Ce petit paradis n’est ouvert que l’été mais mérite un détour quel que soit la saison et en particulier l’hiver car l’horizon dégagé de toute construction offre un panorama des plus beaux sur la chaîne du MontBlanc, les Aiguilles de Varan sur la gauche et, en arrière, l’extrémité de la chaîne des Aravis.

Une bonne raison de revenir…l’été prochain !