L’ambiance est froide à Bourg saint Maurice au coeur de la Tarentaise, l’hiver est bien là.
Les skieurs par contre sont bouillants !…

Un village se dresse au cœur de la ville avec au centre le cinéma Le Coeur d’Or où les passionnés s’empressent pour voir la séance qui les fera vibrer.
L’association Winterfest présente ici une sélection de plus de 60 films sur 23 séances.
Tous riches en images de skis, snowboards, freeride ou compétitions, alpinisme, montagne, documentaires ou scénarisés… S’ajoute à cela des conférences, débats et expos. Le tout entouré de Food-trucks, bars, Concerts, Djs sets… Une recette «feeling good» !

Nous avons choisi de nous intéresser à quelques-uns de ces films. Bien entendu la sélection de Winterfest est qualitative. Dès le vendredi, on assistera à quelques pépites drôles comme par exemple Tajine Express. Ensuite et enfin Arcadia, on l’attendait celui-là ! Une production du monumental Transworld avec des superstars du Snowboard et pour n’en citer que 3 : Halldor Helgason, notre français Victor De le Rue et l’étoile de Burton Red Gerard (16 ans). Là un gros travail, des images violentes et addictives, des émotions, une BO méticuleusement choisie pour accompagner les riders dans leurs envols… Une bombe !

Samedi c’est parti pour un marathon, nous prendrons une claque émotionnelle grâce à C’est dans la tête un film de ski avec Julien Lange réalisé par Jéremy feburier de Gpsy feelin. Des images psychédéliques et obsessionnelles, une histoire envoûtante et du freeride en overdose. A l’issue de ce film, notre obsession sera de retrouver le réalisateur pour obtenir des réponses sur sa création.
Ensuite Storm Trooper, un film produit par Picture Organic Clothing. Une expérience hors du temps en Alaska où l’objectif final sera de rider cette face mythique et terrifiante : Storm Trooper.
Une équipe de skieurs et riders dont Thomas Delfino, à l’origine du projet, et Léo Taillefer, se lance ce défi, les images sont époustouflantes, la performance est là. Ce sera notre bouffée d’air pur !

Pour finir : In Gora, Grand Prix de ce Winter film festival ! Une aventure humaine avant tout. Une équipe de riders, un bus scolaire aménagé et des milliers de kilomètres parcourus vers l’Europe de l’Est. A travers ce documentaire produit également par Picture Organic Clothing et réalisé par Andy Collet, nous allons nous retrouver au cœur des problématiques environnementales locales liés au développement des stations de ski. La nature préservée est-elle en danger? Les athlètes s’engagent dans un road-trip d’un mois à travers l’Autriche, le Montenegro, en passant par la Bulgarie et la Slovenie. Parmi eux encore une fois Léo Taillefer et Thomas Delfino qui partageront avec nous leur quotidien.
Ce film est une vision du monde, une proposition de bonheur, dans la bienveillance du sport et de l’écologie. Des images charmantes, des rencontres, des émotions et une douceur de vivre merveilleusement transmissible.

Nous avons retrouvé Léo Taillefer et Thomas Delfino pour échanger sur leurs sensations au cours de ces 2 expéditions en Europe et en Alaska. Merci les mecs pour votre gentillesse et votre accueil !!

L’interview double face de :
Léo Taillefer

Maryanne : «Le documentaire In Gora a gagné le Grand Prix à Bourg Saint Maurice, j’imagine que tu dois être très content !»
Léo : -Carrément c’est top !
– Avec 60 films à la carte, il y avait une diversité d’images énorme ! Moi qui ne suis pas experte sur la technique et les figures, je me suis vraiment fait plaisir devant In Gora. Merci.
– Trop bien, c’était le but de ce tournage, de s’ouvrir au grand public, de faire un film qui plaise même aux gens qui ne sont pas du milieu du ski ! Pas de faire «un ski band» avec juste la musique et les tricks… ça va rebooster un peu toute l’équipe parce que c’est le premier prix qu’on remporte et on est ravi d’avoir enfin une reconnaissance pour ce projet auquel on tient beaucoup.
Maryanne : Tu étais à l’honneur sur la journée de samedi avec ta présence dans Storm Trooper et dans In Gora. Deux expériences très différentes, avec des images fulgurantes et une réelle performance physique dans Storm Trooper, puis d’un autre côté, une vraie aventure humaine dans In Gora, qui met en valeur ta personnalité profonde. Ce qui montre de toi un portrait complet. Est-ce un choix ou un pur hasard qui fait bien les choses ?
Léo : -Il y a un petit peu de hasard mais j’ai l’impression d’avoir gagné en confiance en moi lors de ce tournage. Je me suis senti bien malgré les caméras et j’ai pu me confier. J’ai passé le voyage à me laisser porter par cette aventure humaine en essayant d’en profiter tous les jours et j’étais agréablement surpris en revoyant toutes ces images, de voir que j’avais été autant mis en valeur. C’est que du bonheur pour moi de pouvoir partager ma passion de cette façon !
– Le public a apprécié la manière dont tu véhicules les messages ! C’est toujours positif et bienveillant ! Comme un druide finalement ! C’est un bon partage !
– C’est exactement ce que j’essaie de faire ! On fait une discipline qui n’est pas forcement accessible à tous, alors quand on a l’occasion de la partager, comme au travers de cette aventure de Gora, avec des enfants qui n’auront peut être plus jamais l’occasion de skier avec des pros, d’essayer notre matériel…etc, c’était un vrai bonheur pour nous tous de pouvoir leur offrir ça ! Et c’est exactement le message que Picture renvoie à travers leur marque.
-Le côté authentique ressort très bien de ce film. La vision de la nature simple. Picture travaille très bien ce concept ! On peut dire que In Gora est une harmonie.
– Nicolas Collet a vraiment fait un travail remarquable sur le montage, grâce à lui le film est à la hauteur du tournage !
Maryanne : – Tu as fait équipe avec Thomas Delfino lors de ces 2 tournages.
Léo : – En fait on s’est rencontré sur le tournage de Gora. On a fait connaissance dans le bus. La proximité nous a vraiment rapprochés, Thomas n’est pas non plus quelqu’un de compliqué à vivre et on prévoyait chacun de notre côté d’aller en Alaska et il m’a transmis son rêve et me l’a fait partager ensuite. Il est d’une générosité incroyable. C’est lui qui a tout organisé sur Storm Trooper, ça l’a hanté pendant des mois, il regardait la photo de cette montagne tous les soirs dans le bus. C’est pour ça qu’on perçoit très bien dans le film toute sa joie et son énergie.
Il a donné à tout le monde une pêche énorme qui nous a permis de réussir cette mission. On s’est croisé à Lyon la semaine dernière et on se disait justement : Quand est-ce qu’on se retrouve pour une nouvelle aventure !!?

Maryanne – Ok léo maintenant le test psychologique «Dr jelly et Mr Ice», une série de questions stupides pour cerner ta personnalité !

Maryanne – Si tu étais un fruit tu serais quoi ?
Léo – Une grosse banane !
Maryanne – Si tu étais un meuble, tu serais lequel ?
Léo – Une table basse.
Maryanne – (Rire) Pourquoi ?
Léo – Parce que j’aime bien les tables basses ! C’est au milieu des attentions mais c’est quand même bas…
Maryanne – Ok…
Maryanne – Si tu étais une pornstar quel serait ton pseudonyme ?
Léo – (Rire) Oh putain ! Je pense que je m’appellerais Francis Lalleine !
Maryanne – Si tu étais un personnage de Tintin tu serais qui?
Léo – Je serais un des dupont !
Maryanne – Si tu étais une bagnole tu serais quoi ?
Léo – Une volkswagen golf II, carrosserie bien carré !
Maryanne – Merci Léo pour cet échange ! On espère te revoir à Val d’Isère cet hiver après le ski ! Bye bye !»

L’interview double face de :
Thomas Delfino

Maryanne : «Thomas, bravo pour ta performance dans Storm Trooper et félicitation pour ce Grand Prix avec In Gora

Maryanne : «- Tu es à l’origine du projet Storm Trooper, es-tu fan de Star Wars au point d’aller te mesurer à cette face?
Thomas -(Rire) Non pas du tout, le nom a été donné il y a plusieurs années : Des boites de prod de snowboard allaient filmer là bas, à l’époque l’hélicoptère était autorisé, ils voyaient les formations de neige dans la face qui ressemblaient beaucoup à des casques. Une fois posés au pied de cette face, ils avaient vraiment l’impression que c’était toute l’armée des Storm Trooper de Star Wars qui était devant eux ! C’est de là que vient le nom de cette face !

– Ça veut dire que c’est plus esthétique que pour la dangerosité du lieu ! Sachant que d’après les images, ça a l’air particulièrement raide !?
– Ouais ouais c’est très raide…! (Rire)
Maryanne – Justement quand tu étais au sommet, avant de partir, est-ce que tu n’avais pas un peu la trouille ?
Thomas – Non, j’avais pas peur… J’étais très concentré… Ça faisait longtemps que je voulais rider cette face et qu’on construisait le projet avec toute l’équipe. C’est un peu comme un examen, c’est le jour J !
Donc tu te prépares tout l’hiver pour rider ça et quand tu es en haut de la face, prêt à rider, prêt à droper, tu sais exactement ce que tu dois faire et où tu dois aller… Je ne ressentais pas de peur mais j’ai jamais été aussi concentré !
– Et dedans alors, quelle était ta sensation ? C’était irréel ? Est-ce que tu as eu le temps d’en profiter ou au contraire, c’est passé tellement vite que tu as eu l’impression de ne pas avoir pu ressentir quoi que ce soit ?
– Alors quand je ridais la face, très concentré à gérer le Sluff (Le Sluff c’est toute la neige qui vole autour de moi) pour toujours savoir où je vais et pour ne pas faire d’erreur, c’est vraiment quand j’arrive au pied de la face qu’il y a une explosion de joie et une décharge d’Adrénaline !
– Mais alors de quoi tu as peur ?
– Ça m’est arrivé d’avoir peur dans d’autres situations moins risquées, mais là je savais ce que j’avais à faire, j’était prêt ! Depuis le mois d’octobre avec mon pote Zack on se rendait sur place, j’ai eu le temps d’analyser la face, de me l’approprier, il n’y avait pas de place pour la peur !
Maryanne – On peut voir par rapport à ton parcours que tu sembles aujourd’hui plus concerné par le backcountry au détriment du Park, est-ce une fuite de ce milieu parfois prétentieux pour un retour à la nature?
Thomas – Mon chemin s’est fait naturellement. J’ai commencé super jeune en faisant énormément de compétition en half pipe et j’étais assez bon dans ce que je faisais.
Après je me suis blessé et c’était pas le bon moment… Cette histoire m’a permis d’ouvrir les yeux sur la montagne et de me rendre compte qu’il n’y a pas que le half pipe et le Park ! C’est là que je me suis tourné vers le backcountry.
Ensuite il y a une autre étape. Le backcountry c’est bien mais je passais encore beaucoup trop de temps à shaper et à chercher les meilleures conditions, et moi ce que je voulais c’était vraiment rider !

Au final, je ne ride pas plus qu’avant parce que là où je vais ça nécessite beaucoup de préparation… Mais pour moi, là, je fais du snowboard !!…
C’est pas la même approche, même si parfois je marche 4h pour arriver au sommet d’une face. Si je dois apporter du freestyle dans mes lignes, c’est tant mieux ! Je veux rider du naturel !

J’incite les gens à aller dehors, à faire un trou dans la neige et passer une nuit dedans (avec un bon équipement bien-sûr) ! Parce que c’est vraiment pas si compliqué que ça, il suffit d’oser !»

Maryanne – Ok thomas maintenant le test psychologique «Dr jelly et Mr Ice», une série de questions stupides pour cerner ta personnalité !

Maryanne – Si tu étais un fruit tu serais quoi ?
Thomas – Une banane, j’en ai mangé une ce matin et elle était trop bonne !
Maryanne – Si tu étais un meuble, tu serais lequel ?
Thomas – Un fauteuil en osier de jardin
Maryanne – (Rire) Léo a choisi une table basse…
Thomas – Parfait on se complète !
Maryanne – Si tu étais une drogue tu serais laquelle?
Thomas – L’adrénaline !
Maryanne – Si tu étais un personnage de Tintin tu serais qui?
Thomas – le Capitaine Haddock
Maryanne – Si tu étais une chanson des années 90 tu serais laquelle?
Thomas – Eye of the Tiger, la chanson de Rocky !
Maryanne – Si tu étais une coupe de cheveux tu serais quoi ?
Thomas – Les cheveux longs sans coupe justement… Naturel… Mais pas sales comme ceux de Léo dans le bus !
Maryanne – Merci Thomas pour cet échange ! On espère te revoir cet hiver sur d’autres événements ! Bye bye !»

L’interview double face de :
Jéremy Feburier
Réalisateur de C’est dans la tête avec Julien Lange

Maryanne – D’où vient ce scénario complètement décalé ?
Jéremy – En fait avec Julien Lange on a travaillé d’abord sur une quantité d’images suffisantes, on savait ce qu’on voulait, on voulait partir sur quelque chose de graphique. Je voulais mélanger les textures et voir le rendu… Ça été le fondement de ce travail. Ajouter une vraie technique visuelle et artistique !
Donc nous avions besoin d’un maximum de shots de qualité ! Ensuite il a fallu écumer pour ne garder finalement que les images qui se prêtaient aux sentiments que l’on voulait faire passer ! Cela au détriment de certains rushs valables… Même par rapport aux contraintes environnementales. Pour peaufiner le ressenti, il fallait qu’on se tourne vers un terrain plus défoncé, le couloir le plus éclaté…Etc. Je deviens de plus en plus pointilleux là dessus. D’où l’importance de la quantité des rushs au départ !

Maryanne – Ensuite parlons de l’histoire… A qui ça s’adresse ?
Jéremy – On veut vraiment que ça s’adresse au plus grand nombre. On ne voulait pas d’un film avec juste des images de ski sur du son. Il fallait quelque chose de plus. Ouvrir un angle différent sur l’approche de la discipline à travers la vidéo. Donner un sens large aux images. Ne pas non plus faire quelque chose de trop facile. On voulait que l’histoire ne soit pas compréhensible immédiatement qu’il y ait une recherche, une quête, mais suffisamment addictive pour qu’on ait envie de se plonger dedans et peut être de le revoir encore et encore… Ça fait longtemps que je recherche ce niveau d’expression… J’ai l’impression d’y arriver maintenant.
Maryanne – Nous n’allons pas dévoiler plus d’infos sur le pitch, laissons vos spectateurs découvrir votre travail. On peut tout de même développer sur l’ambiance…
Jéremy – On voulait transmettre une sensation d’oppression, une sorte de montée en pression, dès que tu abordes ce sujet tout le monde s’identifie, là déjà tu gagnes un peu l’esprit du viewer ! Ensuite il y a un parallèle construit entre des éléments très concrets de réalité et d’actualité face au fantasme. Cette dualité là guide le skieur tout au long de l’histoire sur un terrain torturé entre performance surnaturelle et violence hyperréaliste. On est tous touché par ça, la dualité entre ce qu’on aimerait que tu penses, sentiment qui te possède et te dicte ta conduite et ce que toi tu veux vraiment faire de ta vie. Un tiraillement finalement très basic et générationel. Mais tout ça n’aurait pas été possible sans la prestation de Julien Lange, il a une détermination exceptionnelle !

Maryanne – Ok Jérémy maintenant le test psychologique «Dr jelly et Mr Ice», une série de questions stupides pour cerner ta personnalité !

Maryanne – Si tu étais un meuble, tu serais lequel ?
Jérémy – (Rire)… Alors je serais le petit meuble où tu ranges la télécommande ! Tu vois ce genre de petit meuble débile où tu sais jamais trop à quoi ça sert !
Maryanne – Si tu étais une drogue, tu serais laquelle ?
Jérémy – Je dirais bien la weed mais c’est un peu trop téléphoné, alors je vais dire le sucre !
Maryanne – Si tu étais une pornstar, tu t’appellerais comment ?
Jérémy – Alors faudrait un truc avec Plombier et «or» à la fin… Genre le Plombier Débouchator !
Maryanne – Si tu étais une chanson des années 90 tu serais laquelle ?
Jérémy – (Rire)… Ride like the wind de Christopher Cross ! Sans hésiter !
Maryanne – Parfait mec ! Merci pour cet échange très intéressant ! On n’a plus qu’à inciter nos lecteurs à visionner le film qui sortira prochainement, on leur souhaite une excellente projection !