1- Approcher un glacier, deux glaciers…
2- Entendre craquer un glacier, deux glaciers…
3- Approcher la haute montagne
4- Aborder l’histoire de l’alpinisme

Présentation

Rejoindre Chamonix amène (presque) obligatoirement à emprunter la route nationale 205 surnommée la « route blanche », à franchir le viaduc des Egratz -qui permet de survoler Passy à 68 m de haut et dont le « tablier-tremplin » mime la topographie dans une succession de magnifiques courbes avant de s’enfiler droit vers la vallée de Chamonix- et à traverser la montagne par les tunnels du Châtelard et des Chavants.
Plus on approche de Chamonix et plus les conducteurs semblent respecter les limitations de vitesse, voire passent au-dessous !
La maréchaussée serait-elle à l’horizon ? Il est vrai que la route est très surveillée et les nombreux panneaux rappellent sans cesse à l’ordre. Mais rien de cela ! Ce qui
ralentit le nouvel arrivant est le spectacle qu’offre la montagne. En quelques petits kilomètres, elle est partout présente.
Sur la gauche, le massif des Aiguilles Rouges (« rouge » par oxydation du fer que contiennent les roches du massif) aux flancs entaillés de longs couloirs.

Sur la droite, le massif du Mont-Blanc, ses pentes enneigées (ou glacées, selon la saison de la visite) et déjà quelques-uns des lieux mythiques de l’histoire de l’alpinisme. Ceci dit, y a-t-il un seul endroit de ce massif qui ne porte pas un nom, une anecdote, un événement de l’histoire des hommes à l’assaut de la montagne ?

Comme un aimant

Une masse blanche, suspendue, attire l’attention des voyageurs dans leur voiture : un glacier, presque à portée de main, si proche de la route ?
A l’arrière, l’Aiguille du Midi reliée à la vallée par le téléphérique du même nom.
Les têtes se penchent de plus en plus vers l’extérieur des habitacles, le nez collé à la vitre (beurk !), les yeux et la bouche grands ouverts : quel spectacle !!
Rappel de la situation : la route est à 1000 m d’altitude, l’Aiguille du Midi à 3842 m et, entre les deux, le glacier de Taconnaz à 1520 m.
Il est rappelé que le conducteur est tenu de regarder la route !

Il faut aller voir ça de plus près : clignotant à droite et direction le tremplin du Mont pour une ascension vers les géants de roc et de glace.

Entrée

Se déplacer à pied dans les forêts qui bordent le massif du Mont-Blanc est une entrée délicieuse, une douce invitation à poursuivre.
Le chemin suivi s’enfonce dans une forêt de conifères et de feuillus : le feuillage extrêmement léger des mélèzes feutre la lumière et, surtout, les aiguilles jaunes au sol forment un tapis qui absorbe le bruit des pas.
Attention aux racines tout de même ! Et aux rochers !
Et oui, c’est un tapis d’extérieur !

Rapidement, une autre couleur que le vert de la végétation et le gris des rochers apparaît : le front du glacier des Bossons qui, parfois, laisse s’échapper de plus ou moins gros blocs de glace dans le vide qu’il surplombe.

Pour information, le glacier atteignait la vallée vers la fin du XIXème siècle !
Son retrait progressif laisse aujourd’hui une énorme entaille grise bordée de blocs, de cailloux, de graviers et de sable : la moraine.

Camp 1 : Chalet des Bossons

Juste au-dessus de l’arrivée du télésiège des Bossons, faire une première pause sur la terrasse du chalet du Glacier des Bossons (1425 m) et partager la polyphonie des langues parlées par les nombreux spectateurs (excepté hors saison, moment où le pèlerinage est plus calme).
Sur le côté de la terrasse, les restes d’avion récupérés sur le glacier des Bossons : un train d’atterrissage et un moteur.

Camp 2 : Chalet des Pyramides

C’est reparti en lacets dans la forêt pour dépasser le front du Glacier des Bossons et l’observer du dessus.

Puis apparaît une seconde masse blanche à travers les arbres, suspendue au-dessus du vide (en fait, ici, tout est dans le vide) : le glacier de Taconnaz, déjà rencontré, mais de plus bas.

Tête bien droite, genoux bien haut.
La seconde base de repos est atteinte : le chalet des Pyramides est à 1895 m d’altitude mais la terrasse n’est pas très large (et la couverture pour le pique-nique ne tiendra pas !).

Camp 3 : Gite à Balmat

Les arbres abandonnent la partie et laissent place entière à la roche cristalline. La pente est raide mais le spectacle de plus en plus majestueux. Le sentier suit de gros points jaunes peints sur les rochers : se perdre devient impossible ou alors il devient urgent de consulter un ophtalmologue !

A 2100 m, si le mal des montagnes apparaît, une échappatoire est possible par une variante qui regagne la vallée sous le glacier de Taconnaz pour un retour direct au village du Mont. Mais gare aux petites jambes !

Vers 2500 m, le sentier s’aplanit (un peu) et la haute montagne commence à se faire ressentir. Un panneau vissé sur de gros blocs entrouvre une page de l’histoire de l’alpinisme alpin : Balmat et Paccard ont bivouaqué en ces lieux avant de tenter et réussir le 8 août 1786 la première ascension du sommet du Mont-blanc. Respect !!!!

Camp 4 : La Jonction

Après quelques dizaines de mètres rapidement parcourus, la séance en 3D-HD-4K-full frame peut enfin commencer.

Explosion visuelle : les Aiguilles de Chamonix, l’Aiguille du Midi, le Tacul, Aiguille de Saussure, les Grands Mulets et son refuge à peine visible et pourtant si proche, le Dôme du Goûter (enfin presque, sur la pointe des pieds), l’Aiguille du Goûter…

Les craquements sourds et uniques des glaciers, les chutes de glace et de roches (qu’on entend plus qu’on ne voit) résonnent dans toute la montagne et rappellent que les masses glacées glissent sans cesse vers la vallée, sous l’effet de leur propre poids

Sans oublier ce qui se trouve derrière la tête : les Aiguilles Rouges, les Fiz, les Aravis…

Petit conseil : oublier les noms des lieux, ne pas chercher à se repérer est le meilleure moyen deprofiter de ce moment unique.