Ville internationale, centre de l’alpinisme alpin : son histoire, ses techniques, ses exploits et ses records. A 1000 mètres d’altitude, des sommets enneigés toute l’année à portée de mains et des yeux. Le sommet de l’Europe occidentale à quelques heures…pour les plus rapides et deux jours au plus pour le plus grand nombre. A cheval sur les rives de l’Arve, Chamonix est une ville de près de 10 000 habitants qui accueille 60.000 visiteurs par jour l’hiver et encore plus l’été.

Mais quand le plafond est bas, les montagnes absentes, la ville reste LE terrain à découvrir.

Courses sportives

Pour tous les pratiquants de sports de montagne, trouver un équipement n’est pas un problème mais choisir celui qui convient en est un, tant l’offre est grande. La ville est un catalogue à ciel ouvert où de très nombreuses marques de sport disposent d’un magasin dans les rues les plus passantes de la ville. Les yeux brillent, les étiquettes étourdissent. Tout scintille, éblouit le passant qui ne peut pas rester indifférent à cet étalage de produits techniques, colorés, utiles (ou non), indispensables (ou non) sans cesse renouvelés, remodelés, transformés, relookés.
La mode…quoi!

Architecture et histoire
Au-dessus des vitrines des magasins, des terrasses de cafés, des restaurants, les rues et les places sont environnées de murs pleins et de façades habillées de balcons. Il suffit de lever la tête pour découvrir un autre Chamonix, plus discret mais pas moins beau.
Différents styles architecturaux traversent la ville et il est parfois difficile de s’y retrouver. Ce désordre apparent est le reflet d’une station en mouvement depuis près de 250 ans, à cheval entre un passé bien présent et un avenir un peu timide.
Perpendiculairement aux rues principales, de nombreuses ruelles attendent les flâneurs et les curieux et que les plus pressés ou étourdis ne suivront pas. Dommage ! Car il y a là de nombreux trésors visuels à découvrir : des toits se rapprochent et parfois se superposent, de petites barrières barrent à peine le passage et une architecture variée qui surprend.
Les Grands Hôtels, les palaces d’autrefois traduisent un tourisme de luxe : le Majestic avec ses toits mansardés et ses grandes ouvertures est l’exemple du gigantisme du début du XXème siècle.
Parmi les influences artistiques, Art Nouveau (mouvement artistique fin XIXème, début XXème siècle) avec le bar « La Terrasse » et Art Déco (épanouissement du mouvement entre 1920 et 1930) s’expriment dans des façades que le regard interroge…avec un peu de curiosité !
Curiosités colorées
Une autre vie semble occuper quelques lieux un peu à l’écart (mais à peine) : y aurait-il de l’artiste chez le Chamoniard ou est-ce là des empreintes laissées par des touristes de passage, des travailleurs saisonniers…fêtards et noctambules.

En même temps, la Maison des Artistes n’est pas très loin !

Ces lieux de passage colorés sont plutôt rares mais donnent du souffle à une ville enfermée dans son écrin rocheux, parfois un peu trop conventionnelle.

Téléphérique de l’Aiguille du Midi
L’incontournable est là. On ne peut pas passer à Chamonix et ne pas s’y rendre : la gare de départ du Téléphérique de l’Aiguille du Midi.

Pour ceux qui auront l’envie, le courage…l’ascension de l’Aiguille du Midi par la voie des câbles vaut le détour : deux tronçons (ouverts en 1955) de 2553m et 2867m de longueur avalent les 2749m de dénivelé (avec une gare intermédiaire à Plan de l’Aiguille à 2317m).
A 3 777 mètres d’altitude, l’expérience de la haute montagne est grandiose et l’ambiance, au milieu des alpinistes, unique.

En pleine période touristique, il faudra être patient car 929 000 visiteurs sont montés dans le chemin de fer aérien en 2016. Combien par jour ?
Culture montagnarde

Pour découvrir le milieu montagnard, Chamonix possède plusieurs lieux culturels et riches d’informations.

Le Musée Alpin : installé dans l’ancien hôtel de luxe « Chamonix Palace » (de 1914), le musée fait découvrir le patrimoine historique et artistique de la vallée de Chamonix.

L’Espace Tairraz : un centre d’interprétation de l’alpinisme et le Musée des cristaux, en particulier les minéraux du massif du Mont-Blanc.

La Maison de la Montagne (ancien presbytère) comprend la Compagnie des guides de Chamonix et l’Office de Haute Montagne auprès duquel les montagnards et surtout les alpinistes trouveront gratuitement (faut le dire !!) de précieuses informations sans cesse actualisées sur les itinéraires, les conditions météo…
Et une exposition à l’air libre, avec de belles images, de beaux personnages et de beaux textes.
Statues de Géants
Dans les rues de Chamonix, sur les places où à la croisée de rues, plusieurs personnages de haut rang de l’histoire de l’alpinisme se rappellent à la mémoire des piétons.

Un peu d’histoire !

En 1760, Horace-Bénédict de Saussure promet une récompense à celui qui trouvera le moyen de rejoindre le sommet du Mont-Blanc.

Plusieurs tentatives ont lieu (1775, 1783, 1784) mais le sommet est encore vierge. En Juillet 1786, Jacques Balmat, originaire et montagnard du coin, en super forme (24 ans, coureur de glaciers et de cristaux) échoue dans sa tentative puis repart aussitôt pour rejoindre une cordée et bivouaquer avant de redescendre.

Encore loupé ! Le mois suivant, pour son troisième essai, il se fait accompagner du docteur Paccard (Chamoniard) qui a également déjà tenté l’ascension. Tous les deux pensent avoir trouvé la voie du sommet et décident de tenter l’aventure ensemble.

Après avoir bivouaqués au sommet de la montagne de la Côte, ils atteignent enfin le sommet le 8 août 1786 (vers 18h00).
Ils y restent une demi-heure avant de redescendre. Balmat accompagnera Saussure en 1787 qui effectuera la première mesure de l’altitude du Mont-Blanc : 4775m. Pas mal !

En centre-ville, une immense fresque occupe le pignon complet d’un immeuble sur 160 m2 et rend hommage à vingt personnages qui ont marqué l’histoire de l’alpinisme chamoniard.
Gare du train du Montenvers
Un autre accès à la montagne et plus particulièrement au glacier de la mer de Glace pourra se faire, un jour de beau temps de préférence, par le train à crémaillère du Montenvers.
Vingt petites minutes d’ascension pour se retrouver devant un des plus beaux spectacles de la nature à 1913 mètres d’altitude.

Un trou dans le plafond gris et la montagne salue le visiteur en lui promettant roche et neige, peine et souffrance, beautés et merveilles.

C’est tout ça, Chamonix…et même plus.