Au cœur du Grand Massif, Flaine est une station de Haute-Savoie cachée à 1600 mètres d’altitude.
Cachée pour se faire désirer pour certains.
Cachée pour se faire oublier pour d’autres.
L’indifférence ne faisant pas partie du forfait, allons voir ce qu’il en est.

Premiers pas

L’entrée dans l’art à la montagne débute à 1700 mètres avec la récente œuvre d’Emilie Ding : variation de teintes grises sur support béton du paravalanche de Corbalanche, 6 kilomètres avant le centre de Flaine. Selon l’angle d’observation, l’effet visuel différera : une mise en bouche pour l’arrivant, un cadeau pour le partant.

Une fois le col de Pierre Carrée franchit, passage par le Hameau de Flaine (années 90) inspiré du style scandinave, sans rapport avec le reste de la station historique : bois et tons colorés font face à la masse de béton de la station en contre-bas.

Une fusée à trois étages

Marcel Breuer, maître du Bauhaus, est l’architecte de Flaine des années 1960 à 1976. Ce Flaine a reçu le label « Patrimoine du XXème siècle », pour une reconnaissance sociale et intellectuelle des bâtiments. Que la visite commence !

Flaine Forêt (1750 m)

Premier étage de la station et dernière tranche de bâtiments construits (entre 1976 et 1988), ce quartier s’accroche à la déclivité du terrain par des bâtiments dont l’entrée se fait par le haut après avoir franchi le vide par une passerelle de bois.

De l’autre côté de la rue, des immeubles plus hauts épousent les lignes topographiques et évitent l’alignement monotone.

A ce même niveau, se trouvent également l’Auditorium -salle de concert de 500 places- avec sa façade de verre ainsi que quelques-uns des derniers hôtels et résidences construits à Flaine.

Flaine Front de neige (1580 m)

Il s’agit de l’étage bas de la station (1963-1976) avec des bâtiments de faible hauteur (deux étages). Le rez de chaussée est protégé par les balcons des étages supérieurs et ouvre directement sur les pistes.

Depuis peu, deux grands tapis roulants permettent de remonter le léger dénivelé du bas de la station : terrain d’apprentissage des skieurs débutants.

Flaine Forum (1620 m)

De manière générale à Flaine, les façades évitent la monotonie en amenant à la curiosité, la recherche du détail, tout cela révélé dans le jeu des ombres et de la lumière.

Zone centrale (1968-1976), cœur de la station, Flaine Forum est un vaste espace ou architecture et montagne communiquent tout en restant à distance, chacune dans son périmètre d’excellence.

Autour de la grande place publique, les immeubles, hauts, présentent une unité esthétique avec des volumes importants, voire imposants, construits à partir d’éléments en béton préfabriqués.

C’est un lieu où se retrouvent les piétons et les skieurs, les commerces, la galerie marchande et les remontées jamais très loin, avec l’artère principale qu’est le téléphérique des Grandes Platières (DMC).

L’emblème architectural de Flaine est certainement l’hôtel Le Flaine : porte-à-faux incroyable d’un bloc de béton parfait au-dessus de la route qui rejoint Flaine Front de neige.

Œuvres offertes

La chapelle (1973)

Seul bâtiment sans béton (bois et ardoises sont les matériaux utilisés), la chapelle œcuménique, aux volumes interrogateurs, rappelle la temporalité à chaque sonnerie des heures (classée au titre des Monuments Historiques). A l’intérieur, Buraglio, Hantaï, Piffaretti, Breuer, dessin, acrylique, peinture et mobilier attendent patiemment aussi bien le visiteur égaré qu’amateur d’art.

 

De nombreuses œuvres sont offertes aux regards de tous avec, au centre du Forum, le monumental Boqueteau des 7 arbres de Dubuffet (9.20 m de hauteur, mis en place en 1988).

Le visiteur trouvera facilement la Tête de femme de Picasso (12 m de hauteur, mis en place en 1991) et les Trois Hexagones de Vasarely.
Les autres œuvres sont à découvrir le long de la rue couverte, dans la chapelle, dans l’auditorium…

Ces cadeaux ont été légués par les « créateurs » de Flaine, Eric et Sylvie Boissonnas.

Les trois étages

Au fond : Hameau de Flaine

Et demain ?