Julien Absalon, le plus grand champion de VTT cross-country de l’histoire, a troqué son deux roues pour un quatre roues le temps d’une course à l’Alpe d’Huez mi-décembre. Comme son nom l’indique, l’Enedis Trophée Andros Electrique est réservé aux véhicules 100% électriques. Une épreuve de rallye sur glace qui s’est déroulé malgré le manque de neige et qui a rassemblé, à elle seule, une douzaine de pilotes. Julien était aux commandes de la voiture bleue numéro 4 et nous livre ses impressions après les premiers tours d’essais. 

En tant que champion olympique de VTT, comment t’es-tu retrouvé sur des courses de rallye comme le trophée Andros ?

J’ai baigné dans la course automobile grâce à mon père qui était navigateur en rallye. J’ai connu le sport automobile avant le VTT et j’ai toujours été passionné, toujours suivi ça. C’est ma deuxième passion, on va dire. La notoriété que j’ai eu grâce à mon premier titre olympique m’a permis de venir sur le trophée Andros. Avec Max Mamers [nda : organisateur du trophée Andros] on s’est un peu lié d’amitié, et depuis, c’est devenu une petite habitude de faire au moins une épreuve du trophée Andros par saison. Cette semaine de rallye est une grosse bouffée d’oxygène, aller dans un autre milieu, oublier le monde du vélo, être plongé dans un autre univers…

Quels sont les points communs entre le VTT et la course sur glace ?

Les notions de glisse, de trajectoires sont les mêmes. De lecture du terrain également. Normalement sur un circuit en asphalte, il y a peu de lectures de terrain, parce qu’un circuit est le même à tous les tours. Là, on va avoir un circuit qui va être changeant, parce que la neige s’en va, elle est molle. Les voies de passage déplacent la poudreuse, ou plutôt la “mouillasse”. On a l’habitude en VTT d’avoir cette lecture du terrain. D’un tour sur l’autre, on va pas forcément trouver les mêmes obstacles. Il y a des cailloux qui bougent, des ornières qui se créent. C’est commun aux deux sports.

N’es-tu pas trop frustré par le manque de neige pour cette course ?

C’est frustrant d’être ici à presque 2000 mètres d’altitude et de ne pas avoir de neige. D’autant plus frustrant qu’à cause du manque de glace, les organisateurs sont obligés de préserver la piste. Ils limitent les essais au maximum. On a pris la voiture, on a fait trois tours d’essais, et c’est de suite la qualification. C’est plus difficile. Avoir une piste bien glacée, une bonne couche de glace et faire plus de tours d’essais, aurait été préférable.

Est-ce que la course automobile peut-être fatigante comme le VTT ?

Il y a une énorme fatigue, il faut quand même avoir une condition physique. Ce n’est pas du tout la même fatigue, plutôt un épuisement mental. La course demande une concentration énorme. Sur circuit, ça va, c’est court. Mais sur les rallyes ou spéciales de 30 km, c’est vraiment une implication mentale qui vide totalement. C’est une fatigue quand même assez dure. Là, il ne fait pas trop chaud dans les voitures. On est à la montagne, il fait froid. Mais quand il fait 40 à 45 degrés dans la voiture, c’est vraiment usant physiquement.

Un petit mot sur cette course 100% électrique à laquelle tu participes ?

C’est assez bluffant au niveau des performances, qui sont vraiment proches des thermiques. Cette course colle bien au sport que je pratique, un sport de nature, de plein air. Pouvoir faire un sport mécanique non polluant, pour une voiture, c’est sympa.

Quelle relation as-tu avec les autres pilotes ?

Les premières années, je ne connaissais personne, ce n’était pas évident. Aujourd’hui, je les connais tous. On échange beaucoup. Il y a énormément de pilotes qui sont fans de vélo, de VTT. C’est assez facile d’échanger. Un des pilotes, Christophe Ferrier n’habite pas très loin de chez moi. C’est un milieu très sympa, très ouvert. Tout le monde discute avec tout le monde. Bonne ambiance.

L’épreuve se déroule ici à l’Alpe d’Huez, quel est ton regard sur la station ?

Quand on pense à l’Alpe d’Huez, on pense au cyclisme. La montée de l’Alpe c’est quand même la montée la plus mythique au monde avec ses 21 lacets. L’Alpe d’Huez c’est la station de sports d’hiver et aussi la station du tour de France. Même si le cyclisme sur route n’est pas ma discipline.

Quelle suite pour ta carrière de sportif ?

Je suis plus en fin de carrière. Je resigne un an en VTT, c’est certain. Après je verrais. Il n’y a aura pas d’arrêt brutal car je continuerai le cross country olympique. Mais je vais participer ensuite à des concours, des circuits qui me font rêver, que je n’ai pas l’occasion de faire parce que mon calendrier de coupe du monde ne me le permet pas. Pourquoi pas venir ici, pour une course à l’Alpe d’Huez, la mégavalanche. C’est en pleine saison donc c’est impossible pour moi pour le moment, en plein mois de juillet.